Une communauté exceptionnelle

Tizi n’Oucheg, village berbère du Haut Atlas, à 60km de Marrakech, est situé à 1600 mètres d’altitude. Composé de près de 100 familles, le village se trouve à une heure trente de marche de la route qui longe la magnifique vallée de l’Ourika.

Si pendant des années le manque de revenus et l’isolement ont contraint de nombreux habitants à quitter la montagne pour la ville, la population y est aujourd’hui en croissance. En effet après l’électrification du village en 2000 et la création d’une école primaire, plusieurs familles ont fait le choix de rester à Tizi n’Oucheg avec l’intention d’améliorer leurs conditions de vie en diversifiant leurs sources de revenus.

 
Le projet d’autonomie

En 2005, à l’issue d’une visite du village, nous avons décidé de lancer avec un groupe d’habitants la fabrication et la commercialisation de confitures à partir des fruits accessibles autour du village et qui jusqu’alors n’étaient absolument pas exploités : mûres, figues de barbarie, églantine. Nous avons organisé plusieurs formations et avons financé les premières fabrications avant que les revenus ne permettent d’autofinancer cette activité.

Motivés par les résultats de cette action, les habitants se sont impliqués davantage dans les projets qui se sont mis en place par la suite :

  • En 2009, démarrage des travaux (entièrement réalisés par les habitants) pour ouvrir une piste d’accès au village. Les travaux dureront 3 ans.
  • En 2010, création de l’association de développement de Tizi n’Oucheg qui sert d’organe de gouvernance pour l’ensemble des projets de développement.
  • En 2011, réalisation de travaux d’assainissement avec accès à la source pour 25 habitations.
  • En 2012, construction d’une école maternelle pour les 32 enfants de 3 à 5 ans et formation de 3 jeunes filles du village à l’enseignement de l’arabe afin permettre aux tous petits (qui ne parlent que Berbère dans leurs familles) de réussir leur entrée à l’école primaire publique arabophone.
  • Fin 2012, création d’un atelier de tissage de tapis avec de la récupération de cuir dans des usines de chaussures et de maroquinerie de Casablanca et de Marrakech
  • En 2014, rénovation de l’école primaire financée dans le cadre d’opérations de solidarité menées avec plusieurs établissements français du Maroc.
  • en 2016, construction d’un lavoir et démarrage de la construction de bassins de lagunage pour le traitement des eaux usées afin de pouvoir irriguer de nouvelles surfaces agricoles

 

Les résultats

Tous ces travaux ont été réalisés en quasi-totalité par les habitants du village  et en 10 ans, les résultats sont indéniables :

  • Les infrastructures de base (assainissement, route, eau, électricité, internet) existent et ont considérablement amélioré les conditions de vie
  • Tous les enfants vont à l’école et 50 élèves ont continué leur scolarité au collège et au lycée (il n’y en avait aucun auparavant). En 2016, le premier étudiant est entré à l’université.
  • Les ventes de confitures et de tapis permettent à plusieurs femmes d’avoir une source de revenu régulière et significative.

Mais, et c’est là une des autres spécificités de ce projet, le village rend autant qu’il reçoit. Pour tout visiteur, un passage à Tizi n’Oucheg ne laisse pas indifférent. La beauté du lieu, l’accueil et le dynamisme des habitants sont autant d’éléments qui font réfléchir sur ce mode de vie différent. Les touristes, les élèves des écoles qui y viennent en classe verte, les citadins qui y résident le temps d’un trek sont interpellés par la « richesse » qu’ils y trouvent. Enfin, les villages voisins ne s’y sont pas trompés et nombreux sont ceux qui viennent visiter Tizi n’Oucheg pour demander conseil et adopter les principes d’autonomie et de solidarité qui ont fait le succès du premier Open Village marocain.

Tizi n’Oucheg, le premier Open Village